Etude INSEE -Vieillir en Corse : les chiffres qui interpellent

Le Gérontopôle di Corsica publie, en partenariat avec l’INSEE, une analyse inédite des conditions de vie des seniors en Corse.

En 2022, 110 000 personnes âgées de 60 ans et plus résident en Corse, soit 31 % de la population insulaire — la deuxième proportion la plus élevée de France métropolitaine. Ce chiffre pourrait atteindre 158 000 habitants d’ici 2050, représentant alors 41 % de la population de l’île.

Un vieillissement marqué par la ruralité

La Corse se distingue par la forte présence de ses seniors dans les territoires ruraux, souvent éloignés des services essentiels. Les temps d’accès aux soins — médecin généraliste, pharmacie, kinésithérapeute — y sont en moyenne deux fois plus longs que dans l’Hexagone. Dans une cinquantaine de communes, ce délai dépasse trente minutes, exposant les habitants les plus âgés au risque de renoncement aux soins.

Une précarité plus marquée qu’ailleurs

17,4 % des seniors corses vivent sous le seuil de pauvreté, soit six points de plus que la moyenne nationale. Ce taux atteint 21,1 % pour les 80 ans et plus, faisant de la Corse la seule région où la pauvreté des plus âgés dépasse celle de l’ensemble de la population. Les femmes âgées vivant seules sont les plus vulnérables, avec un taux de pauvreté de 27,6 %.

Le maintien à domicile, à la fois choix et contrainte

La grande majorité des seniors corses vivent à domicile, dans des logements souvent anciens et inadaptés. Avec seulement 2,4 % de seniors hébergés en EHPAD — le taux le plus faible de France —, le maintien à domicile s’impose comme la norme, parfois par manque d’alternative financière.

Une silver économie mobilisée

Pour faire face à ces défis, la Corse s’appuie sur une silver économie particulièrement développée : 7,4 % de l’emploi régional, le taux le plus élevé de France métropolitaine. Infirmiers et kinésithérapeutes interviennent directement au domicile des patients, à raison de 24 professionnels pour 1 000 seniors, contre 15 en moyenne nationale.

Cette étude confirme la nécessité d’amplifier les actions en matière de mobilité, de prévention itinérante et d’adaptation de l’habitat, au service d’un vieillissement digne sur l’ensemble du territoire insulaire.

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